Article JDJ

Concerne l'article du Journal du Jura du 22 mars 2013,

Pâturage à l'assiette en abonnement

Permettre aux consommateurs d'acheter un demi-boeuf pour le congélateur, on connaît déjà . Mais le projet lancé vendredi par la société «Les saveurs de nos pâturages», créée par cinq agriculteurs du Jura bernois et du Jura, est novateur. Il s'agit de proposer aux consommateurs un abonnement annuel permettant à ces derniers de recevoir à domicile, tous les 15 jours, de la viande de boeuf fraîche.

Avec ce concept, les éleveurs veulent défendre une viande de qualité (race Salers) et une démarche régionale (alimentation des animaux sans soja ni huile de palme). Le projet a aussi pour objectif de recréer le lien entre producteurs et consommateurs, un thème d'actualité suite au scandale alimentaire de la grande industrie. Un sujet à découvrir dans le détail dans le JdJ de samedi.

Voir le lien du Journal du Jura:

Du boeuf frais du pâturage à l'assiette

La réponse de l'AJM adressée au Journal du Jura le 27 mars 2013:

Mesdames et Messieurs,

Suite à l'article pâturage à l'assiette en abonnement paru dans le Journal du Jura du 22 mars 2013, les membres de l'association des Maîtres-Bouchers de l'Arc Jurassien remercient les jeunes agriculteurs de la race Salers, avides d'argent, de vendre de la viande fraîche au détail.

Notre remarque est la suivante :
   Depuis une trentaine d'années la boucherie privée Suisse a vu ses membres diminuer de 4500 boucheries privées à environ 980 actuellement.

   Nous constatons également que la viande fraîche n'est plus la vente première de ces boucheries restantes, mais plutôt leurs spécialités. À force d'innover pour vendre un peu de viande fraîche la diminution actuelle est compréhensible.

   Les grandes multinationales qui nous inondent de leurs publicités pour la vente de viande fraîche et maintenant les agriculteurs poussés par la politique actuelle, ont pour conséquences que les petites entreprises de commerce de détails ne résisteront plus bien longtemps. Nous préférerions pouvoir compter sur les grandes enseignes pour contribuer aux nécessités des administrations et instances locales où elles débitent leurs victuailles et non enrichir un canton avec des allégements fiscaux (voir Zoug). En contribuant fiscalement, comme chaque indépendant, dans leur commune respective, cela s'appellerait l'équilibre fiscal.

   Ceci dit, la vente de viande fraîche des agriculteurs, tolérée par les produits du Terroir est la meilleure arme pour exterminer les derniers privés de la branche carnée. Nous aurions plutôt espéré collaborer avec les éleveurs de la race Salers ou autres pour l'achat et le soutien de la vente de viande régionale ; cela fonctionne à merveille avec les transformateurs du lait du Jura et Jura bernois voire de toute la Suisse.

  Vu les faits, nous aimerions également que les instances cantonales suite aux articles du 22 mars 2013 dans le Journal du Jura, contrôlent également chaque revendeur de viande fraîche aux niveaux des règles d'hygiène avec les formulaires adéquats du HACCP (obligatoire), des locaux, des étiquettes d'emballages, des conditions de transport de la viande fraîche etc...

   Toutes ces exigences sont obligatoires dans chaque commerce de détail.

  Se déclarer comme vendeur de viande fraîche en parallèle au métier d'agriculteur : l'inscription figure-t-elle au registre du commerce? C'est la seule façon pour les instances cantonales d'être équitable au niveau des lois à appliquer.

   Être prêt à accueillir les futurs (es) apprentis (es) bouchers.
Actuellement les formateurs diminuent plus rapidement que les boucheries. Ils soulèvent la question suivante : pour qui doit-on former les jeunes bouchers? Pour les multinationales ou pour les agriculteurs vendeurs de viande fraîche ? C'est un problème qui va encore faire couler de l'encre. Ou alors serait-on en train de créer un nouveau métier ?

   La politique actuelle bouge uniquement pour les grandes entreprises, ceci dit, une bonne collaboration entre agriculteurs et bouchers du coin pourrait contribuer à laisser les magasins villageois ouverts dans nos petits coins de pays.

Les membres de L'AJM